C’est l’histoire d’un… chat

Je suis une folle aux chats.

Ma théorie, c’est que plus le maître est gaga, plus le félin est zinzin. La mienne — Mimi de son petit nom — court après sa queue et mord tout sur son passage avec un penchant assumé pour les objets de valeur, genre mes bijoux ou les coins de mon Ipad. Elle attaque mon imprimante et s’amuse à visiter divers électroménagers lorsque possible : sécheuse, laveuse et frigo.

Ça vous donne une idée.

Une fois, elle en a profité quand j’étais partie pour éventrer un sac de guimauves. En rentrant, j’ai vu les pièces à convictions sur le plancher : sept mashmallows mâchouillés truffés de grosses traces de dents. Pendant que je les ramassais, je me demandais pourquoi y’avait fallu qu’elle en croque autant pour se rendre compte qu’au fond, elle aimait pas vraiment ça.

Ce genre d’incident m’inquiète pas trop parce que je l’ai prise dans une refuge, alors mon dicton c’est :

Peu importe ce qui lui arrive avec moi, c’est moins pire que l’euthanasie.

Comme quand elle a malencontreusement passé la nuit dans la cage d’escaliers de mon bloc appartements. Anyway, c’t’un chat, l’après-midi elle s’en souvenait déjà plus pis elle essayait encore de me filer entre les pattes en trouvant que ça avait l’air cool, le corridor. C’est quand même mieux une cage d’escaliers qu’une cage tout court.

Et comme on dit, qui se ressemble s’assemble; j’ai beaucoup d’amies qui sont aussi des cat lovers.

Y’a quelques semaines, l’une d’entre elles me raconte sa veillée dans un party où y’avait un bébé-chat-noir-et-blanc-vraiment-trop-cute-omg-elle-capotait. Puis elle me parle d’un dude rencontré là-bas, dans un spa avec ben du monde, c’était divertissant, j’avais l’impression de watcher Occupation double. Je juge rien, moi ma vie ressemble à une série B. Genre Watatatow mais avec du sexe. Ça fait qu’on parle-parle jase-jase de même.

– Ah Julie, je l’aurais tellement ramené chez moi.

–  Ah ouais, tant que ça?

– Y’étais tout petit là… à peu près ça de large.

En me disant ça, elle laisse un espace d’environ un pied entre ses mains.

Hmmm, un frame d’homme comme je les aime, que je me dis, un petit maigrichon. 

–  Y’était toute poilu!

Well, ok, ça c’est bizarre, mais bon, chacun ses goûts.

Elle continue.

–  Je te jure, une vraie boule de poils!

Ouin, ça j’avais cru comprendre, que je pense.

Je reste là, bouche-bée. Qu’est-ce que tu réponds à ça? Fait qu’elle me dévisage en fronçant les sourcils. Pis j’ai juste allumée rendu là.

–  AHHHHHHHHHHHHHH OKKKK, le chat!!!

On a ri à peu près autant que Colette Provencher dans un blooper météo. C’est beaucoup ça.

Mais en fait, c’est pas si fou vous savez, d’avoir confondu les deux. Chat et gars. Gars et chat. Parce que mon histoire avec Mimi, ma chatte de seconde main, ressemble beaucoup à celle d’un couple à ses débuts.

Phase 1 : La vie toute seule 

J’hésite longtemps à savoir si je veux vraiment un chat, même si j’en ai toujours voulu un. Je profite de la vie sans responsabilités t’sais, je rentre tard, je nourris et ramasse que ma personne. Faut pas prendre ça à la légère. C’est un être vivant. Avec des sentiments. En tout cas, me semble.

Phase 2 : Le coup de foudre

Je commence à fouiller tranquillement les sites des refuges de Québec, je regarde les photos, je lis les profils pour voir ce qui me convient.

Oui, j’avais quelques petits critères, je l’avoue, mais son apparence physique m’importait peu.

Je vais à sa rencontre un peu naïvement et je me jure de la ramener chez moi seulement si ça clique pour vrai de vrai. Quand on se retrouve seules toutes les deux, mes yeux bleus conquis dans ses yeux verts suppliants, c’est comme une évidence : elle est parfaite. Je l’accueille dans ma vie. Je me rassure en me disant que ma décision a déjà été pesée. C’est ce que je voulais.

Phase 3 : La passion du début

Je lui achète plein de jouets, je m’inquiète quand je vois pas où elle est, je m’assure qu’elle est bien et qu’elle a tout ce qu’il faut. Elle, surexcitée, me câline, me suit partout, me regarde un peu trop intensément. On dort collées, la tête sur le même oreiller, où il lui arrive d’ailleurs de me laisser ses toutous plein de bave en guise d’offrandes. Au moins elle essaie de me faire des cadeaux. C’est l’intention qui compte.

Phase 4 : Les doutes

Quelques jours passent, puis ce trop plein d’amour et d’émerveillement à mon égard m’étouffe de plus en plus. Est-ce normal? C’tu une genre de chatte freak? En plus, je pensais qu’elle dormirait toute la journée pis qu’elle serait indépendante, tandis qu’elle a de l’énergie à revendre, qu’elle fouille partout et qu’elle peut pas être dans une pièce sans moi.

Mais je réalise que je peux plus vraiment reculer, je me sens acculée au pied du mur. Quelles sont mes options? Je peux quand même pas m’en débarrasser, je l’ai choisie. Je me suis engagée. Ça lui briserait le cœur. Je lui ai même dit que je l’aimais.

Ça change mes habitudes c’t’histoire-là. Ça me sort de ma zone de confort. Elle est envahissante.

J’ai un malaise dans l’estomac quand je la regarde. Mimi, elle, a pas l’air tourmentée. L’introspection, c’est pas le fort des chats.

Phase 5 : L’adaptation

Pis c’est comme n’importe quoi, sans même que je m’en rende compte, les choses se placent. On pogne le beat. Elle me tape de en moins en moins sur les nerfs. Mimi a compris que j’ai pas rien que ça à faire de m’occuper d’elle et moi j’accepte tranquillement quelques unes de ses mauvaises habitudes, comme sa façon de ronger mes fils d’ordis, de boire dans la toilette et d’avoir tout simplement tué mon bambou porte-bonheur supposé m’amener la richesse. Déjà que j’avais pas trop d’espoirs de ce côté.

C’est drôle, mais je remarque que plus je lâche prise et que j’arrête de chialer, plus ses manies s’atténuent.

Je commence à apprécier sa personnalité fouine pis à en rire. Quand je parle d’elle, je me mets à la vanter. Mon chat c’est le plus hot. Pis tant pis pour ceux qui comprennent pas. C’est qu’ils l’ont pas vécu.

Phase 6 : L’équilibre

À moment donné y’a pu vraiment de up and down extrêmes.

Elle répond mieux à mes besoins et je réponds mieux aux siens. Des fois elle m’énerve mais jamais plus qu’il m’arrive de m’énerver moi-même. La plupart du temps c’est juste chill. La plupart du temps, elle m’attendrie.

Ces temps-ci, elle se couche à côté de moi quand j’écoute Breaking Bad, quand je travaille à l’ordi elle s’étend à moitié sur le clavier pis elle essaie de pogner la flèche de la souris à l’écran.

La nuit, elle dort sur mes jambes pis le matin elle est toute colleuse.

Car comme bien des hommes que j’ai connus, c’est le moment de la journée qu’elle préfère pour se vautrer contre moi en ronronnant.

mimi

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