C’est l’histoire d’un gars indécis

J’ai réécris ce texte une bonne dizaine de fois sans savoir comment parler de toi.

Pourtant, tu m’as quelque peu inspirée ce blog. Dans le sens que j’ai eu l’idée après une nuit blanche à me casser la tête à cause de toi. Au petit matin, j’ai eu le flash. Ça prenait peut-être un homme de plus dans mon lit pour me donner une banque d’anecdotes suffisamment imposante. Une souillure de plus.

Je passais beaucoup de temps à réfléchir, c’est vrai, à me demander ce que j’avais fait de pas correct. Parce que c’est toujours ça que je me dis, que j’ai donc-ben-du-faire-quelque-chose-de-croche pour que mes relations s’enchaînent et se ressemblent toutes… en fait, je viens d’identifier le nœud même de la problématique. C’est un cercle vicieux.

Problème #1 : Elles s’enchaînent.

Je sais pas trop pourquoi, mais dès que je suis seule mon radar s’active. L’instinct? L’habitude de tout surconsommer? Dans tous les cas, je saisis les opportunités, je garde l’esprit ouvert, j’accepte un café, une bière, un souper, alouette. Quand enfin quelqu’un me plait je laisse les choses aller, j’essaie de rien forcer, puis BAM, ça vire mal.

À la longue, ça me laisse l’impression que ma vie, c’t’un sucre à la crème qui pogne jamais.

Problème #2 : Elles se ressemblent.

Mon pattern à moi, c’est de tomber en amour avec le dude mêlé, celui encore accroché à son ex ou pas vraiment prêt à s’investir. Je l’ai déjà dit, je me valorise en pensant être la sauveuse des âmes en peine. Comme une infirmière pour les malades, genre. Sauf que je remplace les injections par des fellations. C’t’une façon comme une autre de béquer-bobo.

C’est peut-être pas juste moi le problème non plus. On en a tous des bibittes. Au sens figuré je veux dire.

C’est peut-être l’amour qui cloche aussi, ces temps-ci.

Ma dernière débarque date de cet été. Je recommence juste à être capable de pédaler.

À la fin juillet, quand je t’ai rencontré, m’semble que j’étais pas si pire côté fêlures. Peut-être que c’est ce que je me plais à croire, mais je pense que je me sentais bien avec moi-même pis toutes les autres shit qu’on doit avoir pour rencontrer la bonne personne, genre la joie de vivre pis une job steady. Même que j’avais pas baisé depuis quelques semaines. Ce soir-là, je portais une jolie robe fleurie achetée chez Mango une demi-heure plus tôt. Je suis sure que si on m’approchait assez, je devais sentir l’été.

C’était un souper avec des amis communs, tout simplement. Quand tu t’es levé pour aller à la toilette, j’ai avoué aux autres que tu me faisais fondre encore plus que le 32 degrés qui enveloppait Québec comme un drap contour. Quelqu’un a mentionné que tu sortais d’une relation. J’ai flushé l’idée de te crouser en même temps que t’as dû tirer la chasse.

J’ai quand même résisté deux-trois fois à tes invitations, me cramponnant à mes échecs passés. J’ai fini par céder. Ça tombait comme bien, j’avais besoin de bras pour m’aider à déplacer un divan sur le bord du chemin t’sais, pis ça me gênait d’aller demander à mon voisin parce que je me souvenais plus de son nom. Tu t’es pointé directement chez moi. Entre chien et loup, j’ai forcé sur le meuble avec toi, mes orteils moites glissaient dans le fond de mes gougounes en même temps que mes yeux sur ton corps. Après, on s’est assis sur mon balcon, on a bu une couple de Sleeman; j’en garde toujours dans mon tiroir à légumes. Tu m’as écoutée parler de ma famille, de la Baie-des-Chaleurs, de Jake Bugg et de Nelly Arcand.

T’es revenu chaque jour pendant deux semaines.

Doux le mois d’août, rempli de sexe, de cafés glacés, de bières sur des terrasses, de steaks sur le barbecue, de matinées pas pressés de se décoller et de retards à la job. Tu m’as demandé d’être ta blonde. J’ai accepté malgré l’étrangeté de ta requête, soufflée dans ton haleine de clope et de bière.

T’as paniqué à la Fête du Travail devant l’idée d’une petite soirée où je te présenterais à des amis. Pis t’as commencé à prendre tes distances. J’ai été douce, calme, compréhensive, mais même les choux à la crème de la Fournée bio te laissaient tiède. Plus j’étais smatte, plus te me glissais entre les doigts, plus t’avais d’emprise sur moi et moins j’en avais sur toi.

En d’autres mots, j’étais dans marde.

Je t’ai dit que je t’aimais parce que j’ai cru ça te brasserait en dedans, mais aussi parce que c’était vrai et que je suis pas capable de me taire. Avec de la chance, ça te retiendrait. T’as pleuré, c’est vrai. Mais je savais pas encore que c’était parce que t’avais de la peine pour moi.

Tu savais plus ce que tu voulais. On a eu de longues discussions d’épouvantes et éprouvantes. Plus on se revoyait, plus ça nous brisait.

Quand t’es revenu vers moi la dernière fois, tu m’as confié qu’une journée tu voulais être avec moi, la deuxième tu souhaitais être seul étant donné ta récente rupture, et le troisième jour de ce cycle perpétuel, tu nageais entre les deux options. Je t’ai répondu que j’étais pas capable de me donner qu’à moitié. Que d’être voulue à 50%, ça suffisait pas.

Comme une amie m’a si bien dit :

« Ben là, c’est même pas la note de passage. »

En septembre, j’ai pété mon forfait Vidéotron parce que j’ai watché trop de films d’amour sur Netflix évachée dans mon lit à croquer dans des palettes de chocolat noir.

Puis les choses se placent, t’sais. On est tous en peine de quelqu’un. On réalise que notre corps a besoin de protéines et de légumes. Le cacao et les glucides ça fait son temps.

Ça fait qu’on essaie d’oublier. On se promène comme ça, en société, les cicatrices à l’air, trop souvent encore à vif, à la recherche vite vite d’un band-aid pour mettre dessus. D’un remplaçant, d’une remplaçante. D’un baume. Peut-être pour ça aussi qu’on enfile les relations aussi proches les unes des autres que des morceaux de viande sur une brochette.

Ma mère dit qu’on doit laisser les blessures à l’air libre.

Faut que ça respire pour guérir.

C’est drôle parce que t’as voulu me revoir y’a quelques jours et j’ai accepté.

Là, j’ai compris que tu voudrais jamais de moi que mon corps. J’ai saisi que mes yeux dans les tiens valaient rien si tu voyais pas, un peu plus bas, ta queue dans l’embrasure de ma bouche. À la limite, mes blagues et ma compagnie t’iraient encore si y’étaient pas toutes beurrées de sentiments pour toi.

Ça a été une histoire brève, c’est vrai. Mais si ça a duré assez longtemps pour que tu puisses te rendre compte que tu me voulais pas, ça m’a laissé amplement le temps de désirer l’inverse.

J’te blâme pas d’essayer pareil de me revoir si ça te tente. On est tous égoïstes. Moi aussi, je le suis. Je veux quelqu’un qui va prendre soin de moi. Comme il faut. À 100%. Parce que comme je t’en ai déjà fait part, je suis pas parfaite, mais je suis exceptionnelle, pis ça devrait amplement suffire.

Oui, je suis un brin prétentieuse.

C’est un de mes défauts pis il va rester drette là où il est.

Source : coupdepouce.com

Source : coupdepouce.com

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